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République Française

À partir d'aujourd'hui, les députés français vont entamer de nouvelles discussions sur le projet de loi sur la consommation, et ce pour une dizaine de journées, jusqu'au 11 octobre prochain. Ratissant large, cette loi aborde de nombreux sujets relatifs à la défense des consommateurs. En voici un petit résumé.

Utilisation du terme "illimité"

C'est un grand classique de nos opĂ©rateurs mobiles : les forfaits Internet 3G "illimitĂ©s" qui sont illimitĂ©s uniquement en temps, mais qui imposent souvent des restrictions sur les services utilisables et sur les dĂ©bits. Sur ce point, la position du ministère des Finances est claire, mais pas en faveur du consommateur : le projet stipule que les termes "illimitĂ©s" et "24h/24" peuvent ĂŞtre employĂ©s dans les publicitĂ©s comme mention principale dès lors que les Ă©ventuelles restrictions sont prĂ©cisĂ©es dans une "mention rectificative" clairement identifiĂ©e, visible et formulĂ©e avec prĂ©cision.

Le groupe socialiste, radical, citoyen est divers gauche n'est pas du mĂŞme avis et a dĂ©posĂ© un amendement bien moins alambiquĂ©, stipulant que les offres "dĂ©finies par des expressions telles qu’« illimitĂ©es », "vingt-quatre heure sur vingt quatre" ou Ă©quivalentes, ne peuvent contenir des restrictions d’usage". Clair, net et prĂ©cis. Bien que la gauche ne soit pas majoritaire Ă  l'assemblĂ©, cet amendement a tout de mĂŞme une chance de passer, car il est soutenu par certains dĂ©putĂ©s de l'UMP et du centre.

Jean Dionis du SĂ©jour (Nouveau Centre) a Ă©galement dĂ©posĂ© un amendement complĂ©mentaire, prĂ©cisant que la mention du nom "Internet" doit impliquer que l'accès ne comporte aucune restriction sur les services (les offres 3G interdisent gĂ©nĂ©ralement la VoIP, les newsgroup...) : "Les fournisseurs de services de communications Ă©lectroniques ne peuvent utiliser le terme « Internet Â» pour qualifier une offre permettant l’échange de donnĂ©s lorsque cette dernière est assortie d’une limitation d’un ou plusieurs usages spĂ©cifiques."

Vente liée ordinateur et OS

VoilĂ  un sujet qui revient rĂ©gulièrement sur le devant de la scène, mais sans que la situation en magasin Ă©volue rĂ©ellement : l'interdiction de la vente liĂ©e d'un ordinateur avec un système d'exploitation. Deux amendements en ce sens ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©. Dans le premier, le dĂ©putĂ© UMP Lionel Tardy, qui s'Ă©tait dĂ©jĂ  distinguĂ© par son opposition Ă  l'Hadopi, demande ainsi que "la vente d'un ordinateur, de son logiciel d'exploitation et des logiciels applicatifs doit ĂŞtre dĂ©couplĂ©e" au motif qu'elle "comporte de nombreux inconvĂ©nients pour les consommateurs, en modifiant substantiellement leur comportement". Il tacle au passage le gouvernement pour non respect de sa promesse en ce sens, faite en 2008... Il propose mĂŞme des solutions techniques permettant aisĂ©ment de mettre en Ĺ“uvre cette sĂ©paration, via un système de code d'activation pour les logiciels livrĂ©s avec la machine.

Déposé par des députés de gauche, le second amendement va dans le même sens, signalant que "les consommateurs maîtrisent de mieux en mieux les technologies informatiques et expriment de façon croissante le souhait de pouvoir choisir les caractéristiques essentielles de leur équipement, dont le système d'exploitation" et considérant cette vente liée comme une "pratique déloyale". Eux aussi rappellent au gouvernement les engagements pris en 2008 et non tenus...

Facturation de la vente en ligne

La Fédération du e-commerce et de la vente à distance invite ses membres à ne facturer leurs clients que lors de l'expédition de la commande, et non plus dès la prise de commande. Une demande que la plupart des sites ne respectent pas et que le ministère du Commerce, de l'artisanat et de la consommation ne compte pas faire passer comme une obligation légale.

LĂ  encore, les dĂ©putĂ©s socialistes ne sont pas du mĂŞme avis et proposent que "en cas de paiement par carte de paiement (...), le professionnel soit tenu d’attendre l’expĂ©dition des marchandises commandĂ©es pour encaisser le paiement correspondant effectuĂ© par le consommateur". Ceci devrait en particulier Ă©viter des problèmes lorsqu'une entreprise fait faillite après avoir encaissĂ© la commande et avant de l'avoir expĂ©diĂ©e. En l'Ă©tat actuel, la loi ne prĂ©voit en effet pas que le consommateur soit remboursĂ© dans ce cas : lors d'une faillite, les crĂ©anciers sont remboursĂ©s dans la limite des fonds dĂ©gagĂ©s par la liquidation, et l'État (impĂ´ts, TVA, URSSAF...), les salariĂ©s et les crĂ©anciers professionnels sont prioritaires sur les particuliers, Ă  qui il ne reste gĂ©nĂ©ralement plus rien.

Les commerçants pourront toutefois continuer à prélever dès la commande s'ils ont souscrit à un fond de garantie couvrant intégralement les sommes prélevées en attente d'expédition.

Posté par Matt le 28/09/2011 à 14h22
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Sources : Freenews et Numérama

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