Test : Freebox Mini 4K (Player)

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En mars dernier, Free a surpris pas mal de monde en lançant la Freebox Mini 4K, avec son boîtier Player sous Android. L’opérateur était en effet en conflit ouvert avec Google depuis un moment, et avait critiqué quelques mois plus tôt le choix d’Android par Bouygues pour sa Bbox Miami… Mais Free a finalement cédé aux sirènes de Google, dans le cadre d’un accord mettant un terme au conflit sur la bande passante. Alors, ce mariage est-il réussi ?

Freebox Player Mini 4K

Présentation

À peine plus gros qu’un disque dur 3.5″ (15x11x3.4 cm), ce nouveau boîtier Player mérite bien son titre de Mini, c’est, et de loin, le plus petit boîtier Freebox jamais commercialisé par Free.

Une compacité qui est la bienvenue pour rendre le boîtier plus discret, d’autant plus qu’elle ne se fait pas au détriment de la connectique si on le compare avec le boîtier Player Revolution : on perd certes le port eSATA et la sortie peritel (obsolète), mais on garde les trois ports USB, la prise antenne, la sortie HDMI (qui passe en 2.0 pour supporter la 4K), la sortie audio numérique optique et surtout, on gagne un slot SD en façade, qui pourra être bien pratique, notamment pour lire la carte mémoire d’un appareil photo.

Côté design, Philippe Starck n’a pas été de la partie cette fois. Le Player 4K y gagne ainsi en sobriété, mais a du coup un look tout a fait générique, qui donne une impression de produit bas de gamme. En même temps, c’est un peu le cas, puisque ce boîtier est principalement destiné aux offres les moins chères de Free.

À l’intérieur, on trouve un SoC ARM quadri-cœur de chez Broadcom, à priori moins puissant que la plateforme Atom utilisée dans le Player Revolution, mais qui est par contre secondé d’un circuit de décodage vidéo bien plus performant, puisqu’il est capable de traiter (théoriquement !) des vidéos 4K à 60 images par seconde. Les 2 Go de RAM devraient être suffisants pour faire tourner la plupart des jeux, mais l’espace de stockage interne risque par contre d’atteindre rapidement ses limites : à peine 8 Go de mémoire flash dont 5 Go accessibles à l’utilisateur. Heureusement qu’il peut être étendu par USB (2.0 malheureusement) ou micro SD…

La connexion réseau peut se faire en Ethernet 100 Mbit/s, mais aussi en Wi-Fi (802.11n), comme au bon vieux temps de la Freebox v5.

Télécommande du Freebox Player Mini 4K

La télécommande radio livrée avec le boîtier est plutôt classique, et mieux foutue que celle du Player Revolution, dont je n’apprécie pas particulièrement la partie métallique. Il y a tout de même une petite originalité : elle intègre un micro, pour les commandes vocales.

Installation

L’installation n’est pas bien compliquée, comme avec les autres boîtiers Freebox TV. On branche l’alimentation au secteur, la TV au HDMI, et éventuellement le réseau filaire et l’antenne TNT, et c’est parti.

À l’allumage, un ventilateur se fait fortement entendre, mais il ralenti heureusement très vite et reste ensuite relativement discret, même s’il reste tout de même audible.

Au premier démarrage, si le câble Ethernet n’est pas branché, le système proposera de configurer la connexion Wi-Fi. Je n’ai malheureusement pas réussi à associer mon Player avec mon Server (Revolution)… Ça commence mal.

Une fois connecté au réseau, le boîtier ira chercher si des mises à jour système sont disponible. Alors que les autres boîtiers Freebox imposaient jusqu’à présent les mises à jour au démarrage, Android TV permet désormais de les ignorer. Pratique pour attendre quelques jours avant d’appliquer la mise à jour uniquement si aucune régression majeure n’a été détectée :

Mise à jour du Freebox Player

Un compte Google vous sera également demandé. Ce n’est pas obligatoire, mais indispensable à l’exploitation de tout le potentiel du Player.

Une fois le système à jour et démarré, il sera normalement prêt à l’emploi, en ayant automatiquement choisi ses réglages audio et vidéo en fonction des capacités de la TV connectée. Si ce n’est pas le cas, il faudra passer par l’application « Configuration Freebox », accessible tout en bas dans le menu.

Android TV

La grosse nouveauté de ce Freebox Player Mini 4K est donc l’adoption du système Android TV de Google. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une version d’Android adaptée à une utilisation sur un écran de TV non tactile.

On retrouve un écran d’accueil à la présentation assez classique pour ce type de système : des grosses icônes qu’on peut sélectionner en utilisant les touches fléchées de la télécommande puis activer avec la touche OK.

Au dessus des icônes, une ligne présente des contenus recommandés par Google, qui peuvent être issus de YouTube, de Google Play, mais aussi des chaînes de TV de la Freebox, en fonction de vos habitudes.

Free a préinstallé quelques applications (Freebox TV, Freebox Replay, Video Club, Explorateur de média, Canal+, CanalSat, Enregistrement), et on retrouve également de base quelques applications Google (Play Films, YouTube, Play Store, Play Musique, Play Jeux). C’est maigre, mais une fois connecté au Play Store, ce sont des centaines et probablement bientôt des milliers d’applications et de jeux (prévoir une manette USB…) qui s’ouvrent à vous, issues du catalogue Android (sans compter bon nombre d’applications Android, qui peuvent y tourner non officiellement). Sur ce point, le Player Mini prend largement l’avantage sur le Player Revolution, dont l’OS propriétaire limite fortement le choix d’applications.

Outre la navigation avec les touches fléchées, le système peut également être piloté par commandes vocales grâce au micro de la télécommande, ce qui permet de faciliter les recherches en évitant une saisie fastidieuse avec le pavé numérique de la télécommande. Ces commandes sont toutefois assez limitées, puisqu’elles ne prennent en charge que les fonctions standard du système Android TV, pas celles apportées par des applications. Il est également possible de brancher un clavier, une souris et/ou une manette de jeu en USB ou d’utiliser un smartphone comme télécommande avec l’application Android TV Remote Control. Plus intéressant, le Player Mini 4K peut aussi être utiliser pour diffuser du contenu streamé par un appareil Android, comme avec un Chromecast.

Globalement, à l’utilisation d’Android TV est plus agréable que le système de la Freebox Revolution. L’interface est réactive et bien adaptée à l’utilisation de la télécommande, le choix d’applications est bien plus vaste que sur le Player Revolution. Il est par contre regrettable que le Play Store sous Android TV se limite à des jeux et des applications de « divertissement », zappant ainsi un grand nombre d’applications pourtant compatibles.

Ainsi, même le navigateur Chrome n’est pas disponible, alors qu’il est installable sur le Player en passant par l’interface web du Play Store (cette installation ne créera par contre pas d’icône pour Chrome sur l’écran d’accueil, il faudra en plus installer l’application Sideload Launcher pour pouvoir y accéder). Une fois installé par ce moyen détourné, il fonctionne parfaitement, en reconnaissant même le défilement à deux doigts du trackpad de mon Microsoft All-in-One Media Keyboard 🙂

Quelques travers

C’est un peu une habitude avec Free, chaque nouvelle Freebox arrive avec son lot de bugs… Le Player Mini 4K n’y a pas échappé, au point d’être quasiment inutilisable au début, le système freezant régulièrement. La stabilité s’est heureusement grandement améliorée au fil des versions, et je n’ai aujourd’hui plus de problèmes majeures à ce niveau, si ce n’est comme mentionné plus haut une incapacité chronique à se connecter en Wi-Fi.

Il y a par contre un autre problème que Free aura bien du mal à corriger : les performances. Le SoC Broadcom utilisé semble à la peine malgré ses quatre cœurs, et on observe régulièrement des ralentissements, en particulier avec les commandes vocales, qui mettent parfois du temps à s’activer. L’appellation 4K est également quelque peu galvaudée, vue les difficultés à lire des contenus 4K. Impossible par exemple de lire une vidéo 4K en H.264 100 Mbit/s issue de mon appareil photo numérique (Panasonic FZ1000). J’ai testé avec différents lecteurs, au mieux c’est horriblement saccadé, au pire la lecture ne démarre même pas.

Côté logiciel, on regrettera le fait que certaines applications pourtant prévues pour Android TV ne soient pas disponibles (notamment l’emblématique Netflix, installable via des moyens détournés mais avec quelques problèmes de stabilité…), ou encore que seuls les supports de stockage en FAT32 sont supportés.

Consommation

C’est un autre travers classique des différentes box (pas seulement chez Free) : une consommation électrique pas du tout optimisée, en particulier en veille… Le choix d’un SoC ARM peut laisser espérer des progrès en la matière, tout comme l’arrivée d’un mode veille profonde, qui peut s’activer automatiquement au bout d’un certain temps passé en veille classique (30 minutes à 48 heures).

Consommation du Freebox Player Mini 4K
(note : la fiabilité de mon wattmètre n’est garantie qu’à partir de 1.5W)

Au royaume des aveugles, les bornes sont rois… Face aux players de la Freebox Revolution, de la Livebox Play et de la Livebox classique, le Player Mini 4K est le plus économe en énergie. On est malheureusement très largement au dessus de la consommation d’autres plateformes ARM (ce qui explique la présence d’un ventilateur), Broadcom n’a visiblement pas été choisi pour la sobriété de son SoC.

Mais comme d’habitude, ce n’est pas la consommation en utilisation qui est problématique (11W, ça reste tout a fait acceptable), c’est la consommation en « veille ». Alors que la plupart des PC, pourtant bien plus puissants et dotés en RAM, sont capables de consommer largement moins de 5W, et même souvent moins de 1W, comment justifier qu’une bête plateforme ARM consomme 7.5W en veille ? C’est plus que la consommation en pleine charge de certains smartphones d’entrée de gamme pourtant dotés de SoC plus performants !

Bref, le mode veille est une blague, qui semble consister uniquement à la désactivation de la sortie vidéo (au repos sur l’écran d’accueil, la consommation est de seulement 0.4W de plus qu’en veille…), sans aucun autre effort. Dommage.

Le mode veille profonde n’apporte pour sa part pas grand chose, puisqu’il consiste tout simplement à éteindre le boîtier après un certain temps de veille (la consommation tombe alors heureusement à zéro). Ce n’est donc pas comparable à la veille profonde d’un ordinateur, qui consiste à dumper la RAM sur le stockage de masse avant d’éteindre la machine, pour ensuite redémarrer plus rapidement et dans l’état où on avait laissé le système. Ici, le démarrage à partir de la veille profonde est aussi long que si le boîtier avait été éteint, et quelque soit l’état au moment de l’entrée en veille, on se retrouve sur l’écran d’accueil en sortie de veille.

Conclusion

Très intéressant sur le papier, le Player Mini 4K perd malheureusement beaucoup de sa superbe à l’usage. Si certains soucis pourront encore être corrigés via des mises à jour logicielles (coucou ExFAT, bonjour NTFS…), les limitations du matériel risquent malheureusement d’accompagner le Player Mini 4K durant toute sa carrière, qui pourrait être longue, Free renouvelant moins souvent sa box d’entrée de gamme…

On se prend donc à rêver d’une mise à jour de la Freebox Revolution adoptant elle aussi Android TV, mais avec cette fois une base matérielle à la hauteur (SoC plus puissant, Wi-Fi ac, Gigabit Ethernet, USB 3.0…à. Ça tombe bien, une nouvelle Freebox haut de gamme est attendue pour la fin de l’année.

Malheureusement, pour l’instant les dirigeants de Free laissent plutôt entendre que cette future Freebox continue à utiliser un OS propriétaire. L’adoption d’Android TV sur l’entrée de gamme viserait donc surtout à faire des économies sur le développement de l’OS et à donner un OS à ronger à Google en échange d’une prise en charge des coûts de bande passante engendrés par ses services.

Le choix d’un OS propriétaire sur le haut de gamme est probablement plus intéressant pour Free dans un but de fidélisation de sa clientèle (une fois habitué à Android TV, un abonné pourrait plus facilement basculer vers un autre FAI fournissant aussi une box Android TV, tout en conservant les éventuelles applications achetées) et de maîtrise de l’écosystème, mais il pourrait par contre poser des problèmes de cohérence de la gamme, comme c’est en fait déjà le cas aujourd’hui, avec une box haut de gamme plus performante et plus complète sur le plan matériel, mais bien moins séduisante sur le plan logiciel.

Une réflexion sur « Test : Freebox Mini 4K (Player) »

  1. Je la prélève à la V6 (même si je trouve la navigation TV de la V6 exceptionnelle) car la différence de prix ne justifie pas les différences à mon sens, un disque dur USB suffit pour pallier à l’absence de celui-ci, par ailleurs Free a mis à disposition une option TV by Canal à 5€/mois (sans les chaines de sport), permettant par exemple de ne l’activer que pendant les congés … contrairement à TV by Canal Panorama de la Freebox Révolution … Le seul souci est l’interconnexion Netflix / Facebook / Google dégradée le soir entre 18 et 23h … Xavier Niel est toujours dans son optique de négociation permanente avec les fournisseurs de service, au détriment de la qualité … Mais quelques adaptations (VPN, désactivation de l’IPV6, changement des DNS …) permettent de passer outre …

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