Quelle(s) alternative(s) à Crashplan Family ?

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Depuis des années, CrashPlan était régulièrement en tête des comparatifs de solutions de sauvegarde, grâce à un produit à la fois complet, simple d’utilisation et proposé à un tarif particulièrement compétitif. Son éditeur a hélas annoncé cet été un changement de modèle économique qui remet en question une partie des qualités de CrashPlan. Il est donc temps de trouver des alternatives.

Pour rappel, CrashPlan est une solution de sauvegarde continue qui avait l’énorme avantage de proposer dans un seul logiciel (gratuit qui plus est !) la sauvegarde vers un disque local, vers un ordinateur distant exécutant lui aussi CrashPlan et, pour les abonnés, la sauvegarde en ligne vers les serveurs de CrashPlan, avec une offre famille au tarif défiant toute concurrence : 150$ par an pour un espace de stockage illimité accessible à 5 ordinateurs. Avec l’abandon de l’offre grand public, on passe désormais à un tarif de 100$ par an et par poste, tout en perdant la fonction de sauvegarde vers un ordinateur distant.

Abonné à CrashPlan depuis plusieurs années, je me suis donc mis en quête d’une solution de rechange. Après diverses recherches, j’ai renoncé à l’idée de trouver une solution tout intégrée, et vais donc me tourner vers trois produits différents : un pour la sauvegarde locale, un pour la sauvegarde vers un autre poste et un troisième pour la sauvegarde vers le cloud.

La sauvegarde locale

Je l’avoue, pour ce point là je n’ai pas eu à me creuser beaucoup les méninges : je n’utilisais pas la sauvegarde locale de CrashPlan, donc je vais simplement continuer à utiliser les deux produits que j’utilise depuis des années : Genie Backup Manager pour de la sauvegarde incrémentale vers un disque dur externe branché le temps de faire la sauvegarde et Genie Timeline pour de la sauvegarde continue vers un disque dur interne. J’aime en effet avoir pour mes sauvegardes locales un format de fichiers qui soit exploitable le plus simplement possible, et c’est le cas avec ces deux logiciels, qui sauvegardent sous forme de simples fichiers ZIP.

La sauvegarde vers un autre poste

Cette fonctionnalité était l’une des grandes forces de CrashPlan, car on la retrouve rarement dans les logiciels concurrents. Je n’ai pour l’instant pas trouvé de solution aussi simple que CrashPlan permettant en quelques clics de mettre en place une sauvegarde d’un poste vers un autre.

Compte tenu de mon usage (une machine virtuelle sur mon réseau dédiée à servir de destination de sauvegarde CrashPlan), la solution la plus adaptée que j’ai trouvée semble être Arq Backup. Fonctionnellement, Arq Backup est presque aussi complet que CrashPlan, avec même quelques petits plus intéressants, comme la possibilité d’avoir des jeux de sauvegarde différents en fonction de la destination. Comme CrashPlan, il est multi-destination et permet notamment la sauvegarde en local (que je n’utiliserai pas, pour les raisons évoquées plus haut) ou vers une autre machine via un montage réseau ou un accès SFTP (donc contrairement à CrashPlan, il ne nécessite pas l’installation d’un logiciel spécifique sur la machine de destination, ce qui permet d’utiliser n’importe quel NAS).

Arq Backup
Un jeu de sauvegarde par lecteur… on a vu plus pratique…

L’ergonomie est par contre perfectible, surtout sous Windows, où le logiciel ne permet pas de créer un jeu de sauvegarde incluant plusieurs lecteurs.

La sauvegarde dans le cloud

Sauvegarder vers un autre poste sur le réseau local, c’est bien. Mais sauvegarder vers le cloud, c’est mieux. Ce type de sauvegarde est en effet beaucoup plus efficace pour se prémunir des conséquences d’un cambriolage ou d’une catastrophe naturelle. C’était à la base la raison pour laquelle j’avais opté pour CrashPlan.

Pour cette sauvegarde, mon critère principal est bêtement le prix au Go, sachant que je stockais environ 2 To chez CrashPlan, et la possibilité de partager l’espace entre plusieurs postes. Exit donc les leaders du marché que sont Backblaze et Carbonite, qui proposent du stockage illimité mais avec une licence par poste.

En creusant un peu, j’ai trouvé iDrive, dont je n’avais jamais entendu parler, et dont les tarifs sont plutôt agressifs : 70$ par an pour 2 To et 100$ par an pour 5 To, avec un nombre illimité de postes. Une option gratuite permet en outre de disposer d’un espace supplémentaire de même capacité à utiliser en mode « drive » pour de la synchronisation et de l’échange de fichiers. Et en prime, une offre spéciale permet de ne payer que 7$ pour la première année, sur l’offre 2 To pour monsieur Tout le monde et sur l’offre 5 To pour les anciens clients de CrashPlan. À ce prix, ça coûte pas cher d’essayer…

iDrive

C’est globalement assez simple à utiliser et la sélection des fichiers à sauvegarder est mieux faite que dans Arq Backup, mais la fréquence des sauvegarde et la durée de conservation des anciennes version des fichiers sont beaucoup moins souples à contrôler. Les performances d’upload sont correctes, sans plus.

L’éditeur a par contre une conception bien à lui des notions d’erreur/succès des sauvegardes… Ainsi, si au moment où une sauvegarde planifiée s’exécute, aucun fichier n’a été modifié par rapport à la sauvegarde précédente, le logiciel affiche un popup pour signaler… un échec de sauvegarde ! L’absence de fichiers à sauvegarder est donc considérée comme une anomalie :

iDrive
Rien à sauvegarder ? C’est un échec !

Par contre, est c’est plus gênant, s’il y a beaucoup de fichiers à sauvegarder et que « la plupart » d’entre eux ont été sauvegardés correctement, le rapport de sauvegarde va annoncer un succès, même s’il y a eu des erreurs sur certains fichiers :

iDrive
Un fichier en erreur ? On va pas chipoter pour si peu quand même…

Si on pourrait croire à un simple bug, la petite note en bas du mail de rapport ne laisse aucun doute : ce comportement est bien voulu. Étrange… Il faudra donc régulièrement vérifier que tout s’est réellement bien passé.

Une autre solution pour la sauvegarde en ligne pourrait être d’utiliser là aussi Arq Backup, qui ne manque décidément pas de fonctionnalités. En effet, si l’éditeur d’Arq Backup se contente de l’aspect logiciel et ne commercialise donc pas d’espace de stockage en ligne, le logiciel est capable de se connecter à différents services de stockage.

Arq Backup vers le cloud

Cette solution présente au moins deux avantages :

  • d’un point de vue confidentialité des données, avoir un logiciel indépendant du stockage garanti que le gestionnaire du stockage ne dispose pas de la clé de déchiffrement des données,
  • il est possible de choisir le stockage en ne se basant que sur le prix, sans se soucier des fonctionnalités, qui seront les mêmes quelque soit le fournisseur de stockage choisi.

Détail intéressant, pour les offres facturées en fonction du volume consommé et échangé, les options de configuration de Arq permettent de fixer un budget mensuel plutôt qu’un volume de stockage maximum, et la durée de rétention des anciennes versions des fichiers sera adaptée en fonction de ce budget. Dommage qu’iDrive ne fasse pas partie des destinations possibles…

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