La Livebox Play en action

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Depuis une dizaine de jours, je suis l’heureux propriétaire (enfin… locataire…) d’une Livebox Play et de l’offre fibre 200 Mbit/s qui va avec. Voici mes premiers retours sur ce nouvel équipement et ses performances.

Le matériel

Sur le plan du design, Orange n’a pas fait de révolution. La Livebox Play reprend les lignes de la Livebox 2, mais avec une finition noire, qui donne un aspect plus haut de gamme, tout en permettant au boîtier de mieux se fondre dans son environnement. Les nombreuses LED en façade cèdent leur place à un bouton rétroéclairé et écran OLED. En temps normal, l’écran n’affiche rien, pas même l’heure, mais il signale les dysfonctionnement éventuels ou le numéro de téléphone lors d’une pression sur le bouton.

De même, le boîtier TV reprend le design du précédent boîtier, l’UHD 87 Slim, dans un format légèrement plus large (la faute à la baie vide destinée au lecteur Blu-Ray) et plus haut de gamme, avec, là aussi, un afficheur OLED (précédemment, c’était un simple afficheur 7 segments) qui indique l’heure en veille et le numéro de chaîne durant l’utilisation. Notons au passage que la carte d’accès au service TV ne dépasse plus du boîtier lorsqu’elle est insérée. Ce n’est pas un mal.

La télécommande est… particulière. Double face, elle présente un clavier AZERTY au dos et un pavé numérique, quelques boutons (volume, programme +/-, etc…) et un mini joystick. À l’usage, je préférais largement l’ancienne version, même si elle était moche…

Enfin, pour les abonnés fibres, il y a un troisième boîtier, l’ONT, qui assure la conversion du signal optique en signal électrique. Orange ne propose pour l’instant pas d’ONT au design accordé à celui de la Livebox Play, et les abonnés qui changent de Livebox doivent d’ailleurs conserveur leur ONT existant.

Côté caractéristiques techniques, il y a des progrès un peu partout. Du côté du boîtier réseau, fabriqué par Sagem, on constate l’arrivée d’un switch Gigabit 4 ports, d’un cinquième port réseau dédié à l’ONT, d’un port USB en façade, du Wi-Fi 802.11n à 2.4 et 5 GHz (avec deux contrôleurs distincts), du DECT. Bref, sur le papier il ne lui manque qu’un disque dur pour être à peu près équivalent au boîtier Internet de Free.

Le boîtier TV (Sagem également) se rapproche aussi beaucoup de celui de Free, avec l’adoption d’un processeur Atom CE, le CE4527 à 1.2 GHz avec GPU GMA600, théoriquement un peu plus performant que le CE4150/GMA500 de la Freebox. Comme chez Free, on retrouve également un tuner TV, mais doublé, ce qui permettra par exemple de regarder une chaîne tout en en enregistrant une autre. Le lecteur Blu-Ray est également de la partie, mais en option, à un tarif qui est tout sauf compétitif (99€ de frais de mise à disposition, non remboursés lors de la restitution du matériel…). Côté connectique, on trouve trois ports USB dont un en façade, une sortie HDMI, une sortie analogique (audio stéréo et vidéo composite), une sortie audio numérique et deux prises antenne, ce qui permettra de mettre la Livebox en série avec un autre équipement à tuner.

Utilisation

À l’usage, il y a peu de différences avec l’ancienne Livebox pour ce qui est de la partie réseau. L’interface web de configuration a été légèrement retravaillée, mais présente grosso modo les mêmes réglages et les mêmes limitations. À ce niveau, l’interface de la Freebox Revolution reste bien plus complète et plus souple d’utilisation.

L’association d’un téléphone DECT à la base intégrée se fait pour sa part assez bizarrement… Il y a bien un bouton dans l’interface pour lancer l’association, mais il n’est devenu accessible chez moi qu’une fois que j’avais déjà associé un téléphone. Avant la première association, l’interface est très ambigüe, puisqu’elle ne parle que de l’association de « téléphone HD » (un modèle fourni en option par Orange), pas d’association générique avec n’importe quel téléphone DECT. La doc n’est d’ailleurs pas mieux, puisqu’elle indique que pour un téléphone DECT, il faut raccorder la base à la prise téléphone de la box ! J’ai finalement tenté la procédure d’association prévue pour le téléphone HD, et ça a marché…

Côté TV, peu de changements également, et toujours peu de réglages possibles. La nouvelle télécommande rend par contre la manipulation bien plus compliquée. Le mini-joystick a des réactions étranges, et le manque de boutons oblige souvent à passer par plusieurs menus avant d’arriver à obtenir certaines choses qui sont habituellement accessibles directement via un bouton dédié. De plus, l’interface manque un peu de réactivité, ce qui n’améliore pas les choses. Là encore, Free fait mieux avec sa révolution, pourtant dotée d’un matériel très similaire.

L’ensemble est globalement stable, mais j’ai rencontré quelques bugs, notamment au niveau de l’allumage du boîtier TV, de l’USB (deux clés non reconnues sur trois essayées…), du Wi-Fi (qui se désactive parfois tout seul…) et des réglages avancés du routeur.

Performances

Pour les abonnés fibre, Orange promet des débits jusqu’à 200 Mbit/s en descendant et 50 Mbit/s en montant. C’est toujours pas du symétrique, mais c’est moins asymétrique que d’habitude, donc on va pas se plaindre. Reste à vérifier si les promesses sont tenues.

On commence par un coup de Speedtest.net, avec un serveur hébergé chez Bouygues Télécom en région parisienne :

Livebox Play sur Speedtest.net

Ça se présente bien, mais je n’ai qu’une confiance très relative envers ce genre de tests, il est trop facile pour un opérateur de gonfler les résultats via des règles de priorisation de flux spécifiquement adaptées à ce genre de test.

Passons donc à un test pratique, d’abord avec un seul flux de téléchargement, à partir de YouTube, puis avec des multiples flux parallèles, via BitTorrent :

Téléchargement depuis YouTube
Téléchargement depuis YouTube
Téléchargement via BitTorrent : phase de démarrage
Téléchargement via BitTorrent : phase de démarrage
Téléchargement via BitTorrent : régime de croisière
Téléchargement via BitTorrent : régime de croisière

Avec 19 Mio/s (159 Mbit/s) depuis YouTube et 23 Mio/s (194 Mbit/s) via BitTorrent, on peut dire que la promesse est tenue côté download 🙂

Pour l’upload, voici le résultat avec les mêmes torrents pour un test en parallèle, puis en envoi de fichier vers un serveur OVH via SCP pour un test avec un flux unique :

Envoi via BitTorrent
Envoi via BitTorrent
Envoi via SCP
Envoi via SCP

3.8 Mio/s sous BitTorrent, soit « seulement » 31.3 Mbit/s. Mais les torrents que j’ai utilisé pour le test avaient un nombre important de seeds par rapport au total de peers, donc y avait peut-être pas assez de requêtes pour monter plus haut en débit… Du côté du transfert via SCP, le résultat est d’ailleurs largement supérieur, avec 5.3 Mio/s, soit 44.3 Mbit/s. On est pas loin du débit promis par Orange 🙂

Consommation

Les opérateurs Internet sont habitués aux « cartons rouges » concernant la consommation de leurs diverses box. Orange a-t-elle profité de ce renouvellement pour enfin remédier à ce problème ?

On commence par la partie réseau, en comparant avec la Freebox Revolution (je n’ai malheureusement pas pensé à mesurer ma Livebox 2 avant de la rendre…). La consommation « Téléchargement » correspond à une mesure faite pendant un téléchargement à plein débit via un PC connecté en Ethernet. La consommation « Repos » correspond à la consommation de la box lorsqu’elle est allumée et connectée, mais qu’il n’y a aucun trafic sur le réseau. L’ONT utilisé avec la Livebox est un Huawei HG810a.

Consommation des boîtiers Internet
Consommation des boîtiers Internet

À ce niveau là, Orange s’en sort avec brio, face à un boîtier Free beaucoup trop gourmand. Certes, il contient un disque dur, dont ne dispose pas la Livebox. Mais ça ne justifie en aucun cas un tel écart de consommation (la consommation d’un disque dur 2.5″ en activité intense se situe en général aux alentours de 2W), d’autant plus que dans ces scénarios d’utilisation, le disque dur n’est pas sollicité, et devrait donc être à l’arrêt… si Free avait daigné implémenter sa mise en veille…

Passons au boîtier TV. J’ai cette fois réalisé trois mesures. « Éteint » correspond à la consommation la plus faible qui puisse être obtenue sans débrancher le boîtier. Pour la Livebox, cette mesure correspond à un boîtier physiquement éteint via l’interrupteur situé à l’arrière, pour la Freebox il s’agit de l’état éteint obtenu via un appui long sur le bouton de la télécommande (le boîtier reste donc alimenté et peut être allumé via la télécommande). « Programmable » correspond à l’état minimal permettant la programmation d’enregistrements. « Veille » correspond à l’état obtenu via une simple pression sur le bouton d’extinction de la télécommande. « Visionnage HD » correspond à la consommation pendant la lecture de France 2 HD via Internet. « Programmable » correspond à l’état minimal permettant la programmation d’enregistrements.

Consommation des boîtiers TV
Consommation des boîtiers TV (note : les mesures inférieures à1W ne sont pas forcément fiables)

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois : Free sort vainqueur sur cette mesure. Mais il s’agit plus d’une victoire par forfait qu’une victoire les armes à la main, les deux opérateurs démontrant avec brio que la consommation des boîtiers TV est le cadet de leurs soucis. Je trouve les consommations de ces boîtiers totalement scandaleuses, surtout si on les met en parallèle avec les consommations que j’ai mesurées il y a quelques jours sur mes serveurs domestiques, qui sont pourtant des PC bien plus complets…

Je comprends bien entendu que, pour des raisons pratiques, les boîtiers TV se mettent en veille par défaut, plutôt que de s’éteindre, pour permettre ensuite un allumage très rapide. Mais mes deux serveurs consomment dix à vingt fois moins que ces box en veille S3 (suspend to RAM) et, dans ce mode, se réveillent largement aussi vite que les box TV. Ces consommations en veille sont d’autant plus inacceptables que les deux box s’appuient sur une architecture provenant du monde PC, avec un processeur Atom, supportant normalement très bien le S3 ! Là on a l’impression que la veille consiste en fait simplement à désactiver le circuit graphique… Sur la Livebox, on entend d’ailleurs que le disque dur et/ou le ventilateur continue de tourner pendant la « veille »…

Dans les options de sa box, Orange propose d’activer une veille profonde, dont je soupçonne qu’elle permette de descendre à moins d’1W, comme sur la Freebox. Mais non seulement ce mode ne semble pas marcher (je mesure toujours 17.4W en veille, activé ou non…), mais en plus Orange signale que dans ce mode, les enregistrements ne sont pas possibles… Dommage, ça fait pourtant au moins dix ans que l’ACPI permet aux PC de se réveiller (et même de se rallumer) à des horaires planifiés (ce que Microsoft utilise par exemple pour déclencher les mises à jour de Windows à 3h du matin) et que le Wake-on-LAN permet de faire de même en leur envoyant une commande de réveil/allumage via le réseau. Pourquoi donc ne pas avoir implémenté ça ?

Sur ce point, c’est donc la Freebox qui s’en sort le mieux, non pas parce que c’est la meilleure, mais parce que c’est la « moins pire » : elle consomme 2W de moins en activité et en veille et l’extinction complète n’empêche pas les enregistrements. Dommage qu’elle soit couplée à un boîtier Internet aussi gourmand…

Pour finir, voici ce que donne la consommation totale des deux boîtiers dans les divers états :

Consommation totale
Consommation totale

La Freebox Revolution est donc la moins gourmande pour les adeptes des enregistrements programmés. Pour les autres, la Livebox Play fera un peu mieux, grâce à la relative basse consommation de son boîtier Internet.

Conclusion

Alors que l’annonce initiale en fin d’année dernière pouvait laisser espérer qu’Orange allait faire un gros coup avec sa nouvelle box, je reste finalement sur ma faim : pour le geek que je suis, la Livebox et l’offre associé restent trop limitées dans leurs possibilités de configuration et leurs fonctionnalités (pas de NAS avec le disque intégré, pas de fax, pas d’IP fixe…), par rapport à une Freebox Revolution bien plus complète.

Mais elle fera tout de même très bien l’affaire pour la majorité des utilisateurs, et la qualité du réseau et de ses interconnexions est incomparable. 20 Mo/s sur YouTube… la plupart des freenautes seraient heureux s’ils n’avaient ne serait ce que le vingtième de ce débit en heures de pointes !

Et il serait grand temps que les opérateurs se bougent pour vraiment réduire la consommation de leurs équipements. Il ne serait sans doute pas bien compliqué de gratter une bonne quinzaine de watts en veille en utilisant des technologies déployées sur PC depuis des années. 15W 24h/24 chez 15 millions de foyers connectés, ça fait tout de même un quart de tranche nucléaire… Et une petite vingtaine d’euros d’électricité par an et par foyer.

11 réflexions sur « La Livebox Play en action »

  1. M’en fout de la conso (même si ce n’est pas écologique) mais par contre la fibre j’en rêve. Ne serait-ce que pour héberger un serveur perso.

  2. Bonjour,
    Je viens moi aussi d’acquérir cette livebox et je reconnais que j’ai plus de difficultés qu’avec ma précédente freebox. Je n’arrive d’ailleurs pas à configurer correctement bittorrent, accepteriez-vous de me donner un petit coup de main svp ? D’avance un grand merci

  3. J ai meme mesuré des consommations supérieures

    Livebox play TV en marche : 25,9 à 28W
    En veille 25,9W
    En activant le mode veille basse consommation qui interdit l enregistrement : 26,1W !!!!!!

    Pour une marque national qui affiche le Green comme un de ces principaux objectifs !!! C est trés fort

  4. C’est juste inadmissible, en gros les FAI bossent uniquement sur ce qui se voit …et encore, le coup de la télécommande c’est juste incompréhensible. Il faut moins d’une minute pour se rendre compte qu’a moins de se concentrer c’est juste injouable de cliquer sur le menu souhaité. Pourtant c’est quand même simple à tester une télécommande ? comment c’est possible de commettre ce genre de boulette ?

  5. Etant passé d’une freebox revolution à la livebox play il y a deux jours, j’avoue avoir été un peu déconcerté au premier abord, mais je dois avoué une chose…Mon Dieu que c’est bon de pouvoir naviguer tranquillement aux heures de pointes 😉

  6. Bonjour. Je prévois de migrer de Free vers Orange Play. Pouvez-vous m’indiquer comment se passe la bascule (phase de migration, délai, etc ).

    1. Aucune idée, désolé, je n’ai pas fait de migration, j’ai pris Orange en fibre et gardé Free à côté en ADSL comme connexion de secours.

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